UN PEU D'HISTOIRE

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Le plus ancien centre de lutherie est celui de Füssen dans le Tyrol. La charte des luthiers de cette ville date de 1436.  A  cette époque  le  violon n' existe  pas  encore: ce sont  des  luths  et  des  violes que fabriquent ces artisans, d'où leur nom de luthier (en allemand: Lautenmacher).  L' Italie  toute proche et capitale des Arts les attire et les retient : les plus beaux instruments de Venise à la fin du XVème siècle sont signés Mahler ou  Seelos.  Ces luthiers  Allemands  essaiment  jusqu' à  Lyon où  nous  trouvons dès 1553 un certain Gaspar Tieffenbrücker.  C'est  le plus ancien  luthier  français connu.  Né à  Füssen en 1514, il vécut à Lyon de 1553 à sa mort en 1571. Nous avons de lui ce portrait du graveur lorrain Woeriot qui le représente au milieu de quantité d'instruments, la plupart inusités de nos jours (A remarquer qu'aucun de ces instruments n'est un violon). 

Naissance du violon

Le violon est apparu en Italie au début du XVIème siècle. La première représentation que nous en avons date de 1529. Il s'agit d'une fresque de Gaudenzio Ferrari dans l'église de Vercelli, près de Milan. Cette invention géniale et quasiment parfaite (les violons fabriqués de nos jours ne diffèrent pratiquement pas de ces premiers instruments) a séduit d'emblée les musiciens populaires. Il s'est rapidement imposé dans les bals grâce à sa supériorité sonore sur les rebecs ou les vièles. Dans le bagage des ménestrels et des musiciens ambulants, il investit l'Europe et fut amené à la Cour de France par Catherine de Médici vers 1555. Les plus anciens violons qui nous soient parvenus sont précisément ceux réalisés pour le roi Charles IX par Andrea AMATI (15?? - 1580), luthier de Crémone. Ils portent les armes de la Famille Royale , peintes sur le fond, sous le vernis. Ces instruments, conservés au musée d'Oxford, sont d'une grande beauté et témoignent d'un savoir faire parfait, en sorte qu'il est raisonnable de supposer qu'Andrea Amati soit l'inventeur, ou, du moins, le premier grand maître du violon. Il est d'ailleurs le fondateur d'une lignée fameuse. Le plus célèbre de ses descendants, son petit fils Niccolo, forma pratiquement tous les luthiers italiens de l'époque classique, dont le très réputé STRADIVARIUS.

La lutherie en Lorraine

Les premiers centres de lutherie, dans ce qui est aujourd'hui la France, furent Lyon, Paris et Nancy. Le violon est très tôt introduit dans la Capitale des Ducs de Lorraine grâce aux étroites relations politiques et culturelles qu'elle entretient avec l'Italie. Ainsi le compositeur Claudio MONTEVERDI (1567 - 1643) passa par Nancy en 1599 avec la cour du Duc de Mantoue, Vincent Gonzague, au service duquel il se trouvait. Ce musicien né à Crémone, patrie des Amati et berceau de la lutherie, est l'auteur de la partition où le violon apparaît pour la première fois (Orpheo 1607). Il connaissait donc les luthiers de sa ville natale, vouait un intérêt à cet instrument nouveau et l'avait peut-être même dans son bagage. Nul doute que les ballets agrémentant les noces de Christine de Gonzague (fille du Duc Vincent) avec Charles III de Lorraine en 1606 furent accompagnés par des violons. Les luthiers connus de cette époque s'appellent MEDARD. Ils exercent leur art à Nancy pour la Cour de Lorraine. Un de leurs descendants, Nicolas, travailla pour Louis XIV.

Mais la "greffe italienne" ne prit pas, et les instruments lorrains sont inspirés de la facture allemande, comme en témoigne ce violon daté de 1666 que l'on peut voir au Musée Lorrain. Ce n'est que beaucoup plus tard, en 1734, que fut édictée la Charte des luthiers de Mirecourt.

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